À propos

L'implantation d'une plateforme unitaire de distribution des créations graphiques a suscité des réflexions importantes à la Sogéécom quant à l'utilisation répandue des logiciels propriétaires et aux problèmes en découlant. Bien que nous défendions une vision libertaire en ce qui concerne la culture sur Internet, laquelle est inscrite à la charte même de l'association (voir politique environnementale 2.4), il existe des limites objectives au respect intégral de cette perspective. En termes juridiques, nous aurions voulu employer la licence d'utilisation publique générale (GNU), la plus commune, mais cela rendait la gestion du site et de son contenu extrêmement compliquée, car il aurait fallu que tous les créateurs et tous les producteurs s'entendent au préalable avant de pourvoir télécharger leurs œuvres ici. À cela s'ajoutait la possibilité que le matériel politique de gauche rendu disponible soit détourné rapidement et en toute légalité à des fins réactionnaires. Nous avons exclu d'office cette possibilité en protégeant les droits d'auteur de manière à ce que les contributeurs et les utilisateurs du site soient tenus responsables de leurs actes.

Un autre problème de taille auquel nous devions répondre est que la plupart des documents du milieu ont été créés à partir de logiciels propriétaires, tels que la Suite Adobe. Il était exclu que nous les rééditions tous, notre temps - comme le vôtre - étant bien trop précieux. Il fallait donc tolérer la distribution et l'emploi de logiciels propriétaires pour assurer l'atteinte des objectifs de La Totale, bien que cela soit en contradiction avec notre position politique.

Par ailleurs, les logiciels libres de traitement numérique des images sont de plus en plus performants et rivalisent, voir supplantent, leur vis-à-vis propriétaires. Nous recommandons, à cet effet, les logiciels libres suivants:

Traitement d'image (affiches, logos, etc.): GIMP, qui peut remplacer Photoshop et Inkscape qui peut remplacer Illustrator.

Mise en page (journaux, tracts, revues, dépliants, etc.): Scribus, qui peut remplacer InDesign et Publisher.

Suite bureautique (textes, tableaux, graphiques, etc.): Libre Office, qui peut remplacer Microsoft Office.

Nous recommandons également, pour la compression des fichiers sources, le logiciel libre 7-zip, qui, avec le format libre 7z, offre un rendement supérieur à Winzip, Winrar et autres.

Malheureusement, la culture dominante dans les milieux professionnels ne risque pas de changer dans l'immédiat car les pros, très sensibles aux pressions du Marché, refuseront en général de changer leurs habitudes pour se conformer à des principes moraux. La vaste majorité d'entre eux n'ont déjà aucun scrupule à utiliser des copies illicites de logiciels propriétaires. Bien que les graphistes du milieu étudiant soient des amateurs et amatrices dans une large proportion, l’influence des professionnel-le-s et de leurs outils de travail se fait sentir. Ignorants les alternatives et les débats politiques concernant l’emploi des logiciels propriétaires, les graphistes en devenir utilisent automatiquement les outils qui jouissent d’une notoriété publique. Nous faisons face là encore à une contradiction difficilement surmontable.

Mais nous pouvions intervenir à un autre niveau, plus fondamental encore. Dès le départ, nous avons dû évaluer les différentes options qui s'offraient à nous pour mettre sur pied La Totale. Très vite, c'est Drupal qui s'est imposé, s’agissant d’un outil de programmation de site Internet flexible, performant, robuste, accessible et libre. Avec lui, on a pu créer rapidement un site sur mesure à la fine pointe de la technologie, dont la prise en main est facile pour tout le monde. Avec le système des contributeurs, la gestion de La Totale devient décentralisée après son implantation.

Qui plus est, nous avons décidé de faire confiance à Koumbit pour héberger notre site Internet. Koumbit est une organisation à but non lucratif ayant une double mission. Premièrement, celle de créer un espace d'entraide et de partage de ressources pour les travailleurs des technologies de l'information engagés socialement dans leur milieu. Deuxièmement, celle de favoriser l'appropriation de l'informatique libre et de favoriser l'autonomie technologique des groupes sociaux québécois, en développant une plateforme informatique collective et en assurant un support à l'utilisation des logiciels libres.